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Greer GARSON (1904 / 1996)

Greer Garson

Une jeune Londonienne, de famille aisée et honorable, au sein de laquelle on ne s'abaisse pas à se produire sur scène, décide de faire du théâtre.

La belle rousse, qui ne s'appelait pas Perrette, sut faire fructifier le pot au lait de son talent jusqu'à obtenir un Oscar à Hollywood. Ce qui lui permit d'incarner des grandes dames, et d'en devenir une par la même occasion.

Malgré sept nominations dans la course aux Oscars, dont une magnifique victoire, cette actrice à la courte carrière préféra finalement vivre pleinement sa vie de femme et d'épouse lorsque le cinéma prit une tournure qui ne lui convenait plus.

F05 - Greer Garson joue les "duchesses" …

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Une petite Irlandaise avec des idées plein la tête … …

Bien que se disant irlandaise de naissance, Eileen Greer Garson est née à Londres, d'une mère descendante d'une grande famille écossaise, les McGregor. Son père devait décéder prématurément.

La date de naissance de l'intéressée varie de 1903, registre de l'hôpital où elle vit le jour, à 1914, selon les derniers documents la concernant. Mais son extrait de naissance précise: 29-9-1904 (cf. "Les Gens du Cinéma"). C'est le pouvoir des jolies femmes de ne pas prendre un an de plus à chaque anniversaire !

Sa “haute” naissance ne lui permettant pas d'envisager une carrière de bateleuse, la jeune Greer se destine … est destinée plus précisément … à devenir institutrice. Pour cela, elle effectue de brillantes études à l'Université de Londres, avant d'accepter un emploi de secrétaire auprès d'une agence de publicité, un moyen comme un autre d'échapper au gris univers des écoles britanniques.

Désormais indépendante, Mme. Edward Nelson (un monsieur épousé en 1933 et dont elle divorcera en 1940) se tourne peu à peu vers le théâtre, intégrant la troupe du Birmingham Theatre qui lui permet d'effectuer ses débuts sur une scène. Nous sommes en 1934, et l'expérience acquise lors des représentations de «Street Scene» décide définitivement de son avenir.

Une (désormais obscure) romancière, Sylvia Thompson, la remarque et lui propose de partager avec un (désormais célèbre) jeune homme, Laurence OlivierLaurence Olivier, les premiers rôles de sa pièce, «Golden Arrow». Si le succès ne répondit pas aux espérances de son auteur, la jeune actrice se fit, à cette occasion, avantageusement remarquer.

Au cours de cette carrière londonienne, Greer Garson attire l'attention de Louis B.MayerLouis B. Mayer qui, séjournant dans la capitale britannique (1937), lui propose de signer un contrat. Ne doutant de rien, la jeune femme accepte aussitôt, des rêves plein la tête …

Madame de …
Greer Garson & Walter Pidgeon

Après quelques mois d'incertitudes, Greer Garson est enfin retenue pour donner la réplique à son compatriote, Robert Donat, dans la première version - britannique - de «Goodbye Mr. Chips» (1939), tiré d'une courte histoire de James Hilton. Le public répond aux charmes du couple, suffisamment pour que sa composante féminine y trouve la force de s'exiler aux États-Unis. Elle y retrouve l'ami Laurence Olivier pour son deuxième film, «Orgueil et préjugés» (1941).

Après quelques mélodrames auxquels Hollywood semble la destiner, elle donne la réplique à Walter Pidgeon (déjà son partenaire pour «Blossoms in the Dust/Les oubliés» l'année précédente) dans le fameux «Mrs. Miniver» (1942). Cette oeuvre sombre et contemporaine décrit les péripéties et les drames d'une famille anglaise lors du désastreux épisode de Dunkerque et de la Bataille d'Angleterre qui s'ensuivit. Dans cette Amérique qui vient de prendre parti aux côtés des Alliés, le film est reçu comme un coup de poing et vaut à sa vedette féminine de remporter l' Oscar de la meilleure interprète.
    Signalons au passage que le jeune Richard NeyRichard Ney, son fils dans le film, devint le deuxième époux de notre vedette (1943). Un cadet de plusieurs années dont elle divorcera en 1947.

Le couple Walter Pidgeon/Greer Garson a ému les Américains. Ils aiment çà ? On va leur en donner ! Greer a su faire preuve de caractère ? On va lui choisir des rôles de femmes à la forte personnalité: «Madame Curie» (1943, Pidgeon est Pierre), «Mrs. Parkington» (1944), «Julia Misbehaves/La belle imprudente» (1945), «That Forsyte Woman/La dynastie des Forsyte» (Pidgeon est son cousin, Errol Flynn le vilain époux), «Scandal at Scourie/Vicky» (1953), sans oublier le réchauffé «L'histoire des Miniver» (1950), qui laissera le public plutôt froid.

Surnommée “la Duchesse”, Greer Garson commit malgré tout quelques infidélités à son Walter Pidgeon de partenaire, lui préférant à l'occasion l'amnésique Ronald Colman («Random Harvest/Prisonnier du passé» en 1942. [NB: pour ma part, si j'avais tenu Greer Garson dans mes bras, je m'en serais souvenu !] ) ou le séduisant - mais inaccessible - Gregory Peck («La vallée du jugement» en 1945) …

Une retraite prématurée …

En 1949, Greer Garson finit par trouver le bonheur et la stabilité auprès du magnat du pétrole Buddy Fogelson. Son enthousiasme pour le cinéma s'estompe peu à peu lorsque le couple, au grand dam de son entourage, s'établit dans un ranch du Nouveau-Mexique, tout en conservant une somptueuse demeure hollywoodienne : on ne sait jamais.

Les rôles de grandes dames s'espacent et les films tournés par l'actrice au milieu des années cinquante ne laissent pas un grand souvenir:

  • «Julius Caesar», de Joseph Mankiewciz (1953), donne la part belle à ces messieurs, d'autant plus que Cléopâtre, seule concurrente de taille vivant à Rome à cette époque, nous a semblé en voyage pendant le tournage.
  • «Her Twelve Men/Les fils de Mademoiselle» lui permet d'incarner l' institutrice qu'elle n'a pas voulu être dans sa vie privée, mais le film n'a pas le succès escompté.
  • Dans «Sunrise at Campobello» (1960), elle personnifie la forte et célèbre Eleanor Roosevelt, face à son Ralph Bellamy/Franklin Delano de président. Mais l'œuvre, qui lui vaut tout de même sa septième nomination à l'Oscar, est jugée trop nationale pour être exportée.
  • Ne blasphémons pas à propos de «The Singing Nun/Dominique» (1960), "américainement" mis en scène par Henry Koster, qui vaut à notre amie d'être élevée au rang, amplement mérité, de Mère supérieure. Quant au rôle-titre, il permet à Debbie Reynolds, depuis longtemps chantante, de gratter la guitare : "Dominique Nique Nique …".

Tout autant déçue par “l'évolution” de sa carrière que par celle du du septième art, bien plus à l'aise dans l'isolement de ses propriétés que dans la jungle des studios, Greer Garson tourne son dernier film en 1967.

Honorée en 1993 de l'ordre de l'Empire Britannique, elle décède en 1996 à Dallas, Texas, neuf années après son époux dont elle a géré entre-temps les affaires.

Pour le coup, on est à peu près sûr de l'année …

Documents

Sources : Joe Van Cottom et Daniel de Belie, "les Immortels du Cinéma", documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées ça et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Greer Garson : "Quand je vois ce que le cinéma est devenu et me rappelant les rôles que j'ai joués, je me sens devenue un fort respectable fossile."

© Christian Grenier, septembre 2002
(Ed.6.3.3 : 24-2-2013)