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Vittorio GASSMAN (1922 / 2000)

Vittorio Gassman

Parmi les grands noms du cinéma italien, Vittorio Gassman occupe une place singulière.

Il ne fut pas l'ami intime des Mastroianni ou Sordi qu'il ne cotoya que sur des plateaux de cinéma, il ne fréquenta Tognazzi qu'à l'occasion de soirées masculines et ne semble pas avoir d'opinion sur Manfredi (ce qui vaut peut-être mieux pour celui-ci !).

Il aborda la comédie avec le cinéma, tout auréolé d'une gloire de tragédien digne des plus grands shakespeariens du théâtre britannique; une comédie qui n'est pas son genre naturel et à laquelle il ne sacrifia souvent que pour des raisons matérielles.

A l'aise dans l'excès et la démesure, se livrant sans ménagement à l'auto-critique et à l'auto-dérision, parfois même à l'auto-destruction, il a laissé à ceux qui eurent le désavantage de ne le voir qu'au cinéma l'image d'un mattamore aux rodomontades tout aussi orageuses que fragiles.

En retraçant sa carrière, s'il me vient à l'esprit le nom de notre Fabrice Luchini hexagonal, c'est avec la conscience et le regret de n'avoir pu mesurer l'étendue de son talent dans le bocal de ses origines, les mythes de la tragédie grecque et les racines du Teatro Antico.

H35 - Gassman le magnifique …

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Enfance jeunesse et premières vocations …

Vittorio Gassmann (avec deux "n" pour l'instant) naît à Gênes (Ligurie), le 1-9-1922. Son père, l'ingénieur Heinrich Gassmann, est originaire de Karlsruhe (Allemagne). Sa mère, Luisa Ambron, vit le jour à Pise, en Toscane.

Sa soeur Mary, qui l'a précédé de trois ans au sein du cocon familial, va peut-être décider de l'avenir du garçonnet. Tandis qu'elle éprouve les pires difficultés à apprendre sa récitation, le petit gamin de trois ans qu'est Vittorio la serine au bout de quelques auditions, faisant preuve à cette occasion d'une mémoire prodigieuse.

Après une étape calabraise (1928/1935) pendant laquelle Heinrich/Enrico construit des habitations antisismiques, la famille s'installe à Rome en 1936. Mais, affligé d'une tumeur intestinale, Heinrich Gassmann décède peu après, laissant son entourage dans une profonde affliction et l'adolescent durablement bouleversé.

Au lycée de la capitale italienne, le jeune homme découvre la littérature et son déversoir, l'écriture. Entouré de camarades dont certains connaîtront la célébrité (le metteur en scène Luigi Squarzina, le réalisateur Luciano SalceLuciano Salce, l'acteur Adolfo CeliAdolfo Celi), il développe rapidement un ego suffisamment prononcé pour publier (et distribuer), dès 1941, un premier recueil de poèmes, «Tre tempi di poesia». En 1946/1947, en compagnie de Luciano Salce, il écrira un roman autobiographique (demeuré longtemps inédit), «L'éducation théâtrale», autour de ces années d'études et de camaraderie.

Le parquet ou les planches ?

Vittorio cherche sa voie: un chemin sur lequel il pourra conduire sa personnalité - déjà faite d'individualisme et d'un sentiment de supériorité - vers l'accomplisssement. Sportif depuis l'enfance, avantagé par sa haute taille, il délaisse l'escrime et la gymnastique pour le basket-ball, devenant membre à part entière de l'équipe nationale d'Italie. De son côté, mama Luisa, qui n'a pas refoulé ses ambitions inassouvies, se souvient des qualités mnémoniques et a remarqué le besoin de réussite de son enfant; alors qu'il s'essouffle inutilement à la Faculté de Droit, elle le pousse à s'inscrire à l'Académie d'Art Dramatique de Rome.

Cette année-là (1943) , Vittorio Gassmann dispute la finale du championnat d'Italie. Mais il a déjà l'esprit ailleurs : son équipe perd le match qui l'oppose à Venise, défaite dont quelques journalistes (on ne saura jamais trop les remercier) lui imputent une bonne part de responsabilité. Le champion va définivement changer de surface : finis les parquets lustrés, vive les planches vermoulues …

Le théâtre avant toute chose…

Les cinéphiles contemporains l'ont trop vite oublié, Vittorio Gassman (dont le patronyme s'est élisé d'un caractère inutile) fut avant tout un grand homme de théâtre. Dès 1943, de troupe en troupe, il côtoie de grandes figures de la scène italienne, comme Alda Borelli, Elsa MerliniElsa Merlini, Laura Adani, ... D'ailleurs, n'a-t-il pas épousé sa camarade de l'Académie d'Art Dramatique, la toute jeune Nora RicciNora Ricci, petite-fille du célèbre Ermette ZacconiErmette Zacconi ? De ce mariage (novembre 1943) naîtra une fille, Paola (1945), avant que divorce (par annulation, nous sommes en Italie !) s'ensuive …

De cette période assez confuse, entre la chute du fascisme et la fin de la guerre, date son premier succès personnel dans une pièce de Marcel Achard, «Adam», mise en scène par Luchino Visconti. Les biographes parlent de 55 rappels ! Faut-il les croire ? Gassman et Visconti feront à nouveau, en 1948, au sein du "Teatro Eliseo", une année de chemin ensemble.

Sans attendre ces retrouvailles, le succès du nouvel acteur est tout aussi foudroyant que son ascension s'avère rapide. Véritable Fausto Coppi de la profession, si je peux m'autoriser cet anachronisme, il interprète Shakespeare ou Sophocle aussi bien que Cocteau et Ibsen.

Direction et mise en scène …

A 25 ans, Vittorio Gassman partage déjà, avec Evi MaltagliatiEvi Maltagliati, la direction d'une troupe de théâtre. Cette "liberté" lui offre le luxe tant espéré de donner la prépondérance à l'acteur, c'est à dire … à lui même ! Il confie, avant de s'en séparer, des mises en scènes à ses amis Luigi Squarzina et Luciano Salce.

En 1950, il s'offre sa première auto-mise en scène dans «Peer Gynt» de Henrik Ibsen.

Avec Squarzina, ensemble à la tête de la compagnie du "Théâtre italien", il monte «Hamlet» de William Shakespeare à Rome (1952). Le succès sans précédent satisfait pour un temps son orgueil, avant qu'il n'entame une liaison amoureuse avec son Ophélie de remplacement (lors de la reprise en 1953, pour être exact), la jeune Anna‑Maria FerreroAnna­Maria Ferrero.

En 1954, après la séparation d'avec Squarzina, il fonde la "Compagnie Gassman", tout à son service. Désormais, l'homme et l'acteur se confondent …

De Cinecitta à Hollywood …

Nous avons gardé de Vittorio Gassman le souvenir de personnages fanfarons, véritables “Matamore” qui ne mirent à mal que leurs propres reflets. Mais ces rôles n'apparurent que plus tard, précédés par toute une série de figures méchantes, orgueilleuses, tragiques jusqu'au ridicule.

Dès 1943, il signe un contrat d'exclusivité avec le producteur Carlo Ponti, mais leur premier tournage est interrompu par l'irruption teutonne dans la capitale italienne.

Il faut donc attendre 1946 pour le voir à l'écran, difficilement reconnaissable sous une chevelure blonde dans ses deux premiers films, «Preludio d'amore (La fille maudite)» et «Daniele Cortis». Vittorio Gassman ne garde pas un bon souvenir de la première partie de sa carrière cinématographique. Même son personnage dans «Rizo amaro» (1949) lui paraît tout aussi caricatural que le film artificiel et seul le souvenir de Silvana Mangano lui est agréable.

A la fin des annés quarante, son jugement sur le septième art est définitivement établi : "... me traitant comme il me traitait, je lui rendais la monnaie de sa pièce , proclamant qu'il n'avait d'autre intérêt que de me rapporter de l'argent et lui déniant toute possibilité de devenir vraiment un art".

Shelley Winters et l'Uncle SAm …

Un jour de 1951, le fougueux acteur fait la connaissance, lors d'un spectacle auxquel ils assistent, de l'actrice hollywoodienne Shelley Winters, qui vient de se faire remarquer face à Montgomery Clift et Elizabeth Taylor dans «a Place in the Sun/Une place au soleil». Le coup de foudre est si fort qu'il leur tombe sur la tête avant la fin de la nuit. Mais la jolie blonde, tenue par ses engagements, rentre bientôt aux Etats-Unis.

L'amour donnant des ailes suffisantes pour traverser l'Atlantique, le beau “latin lover” débarque, au début de l'année 1952, sur le plateau où tourne sa conquête. Après quelques péripéties juridiques (toujours dues aux spécificités italiennes), les amants se marient au Mexique en avril 1952. Le couple aura une fille, Vittoria (14-2-1953), alors que son avenir semble déjà bien compromis …

Puisqu'il faut manger pour vivre, et refusant de le faire aux crochets de madame, Vittorio Gassman accepte un rôle dans «The Glass Wall» (les murs de verre du Palais de l'Onu) qui débouche sur un contrat de 7 ans signé avec la fameuse Metro-Goldwyn-Mayer de Clark Gable et Spencer Tracy. Fait sans précédent, il obtient de pouvoir regagner son pays natal six mois par an pour retrouver (essentiellement) le théâtre … et (accessoirement) Anna-Maria !

De ce passage aux Amériques, s'il nous faut citer quelques jalons, relevons «Rhapsody» (1954, Charles Vidor) pour sa rencontre avec Elizabeth Taylor et «War and Peace (Guerre et paix)» (1956, King Vidor), davantage pour la renommée du titre que pour sa performance dans un rôle somme toute secondaire. Ce dernier film, produit par ses compatriotes De Laurentiis et Ponti, lui permet de se libérer de son engagement contre nature avec la firme au lion rugissant.

Côté coeur, l'affaire se termine en tragi-comédie, par un pugilat plus (selon Shelley) ou moins (selon Vittorio) avéré et une conférence de presse en guise de lavoir à linge sale.

La comédie italienne …

Rentré en Italie, Vittorio Gassman y monte la pièce d'Alexandre Dumas père, «Kean», dans l'adaptation qu'en a faite Jean-Paul Sartre. Anna-Maria, toujours à ses côtés, y restera dans le film tiré de ce spectacle qu'il co-réalise avec Francesco Rosi («Kean», 1956).

Lui offrant un rôle à contre emploi, Mario Monicelli l'impose à des producteurs réticents pour «I soliti ignoti (Le pigeon)» (1958). Des boulettes de caoutchouc dans le nez pour lui donner un côté "peuple", il incarne Pepe, un boxeur râté qui se reconvertit dans le cambriolage du dimanche. Sous la baguette de son metteur en scène, il découvre les subtilités du jeu cinématographique. Entraîné dans la comédie, le tragédien révise son point de vue sur un art qu'il a tant méprisé. Il retrouve à cette occasion Marcello Mastroianni, déjà croisé dans la troupe de Visconti, auquel il veut bien reconnaître quelques progrès !

Réalisateur et comédien se retrouvent pour «La grande guerra (La grande guerre)» (1959) avec un même plaisir découlant d'une admiration réciproque. Le duo Alberto Sordi / Vittorio Gassman fonctionne à merveille et l'entente entre les deux comédiens sera durable. Davantage que sa relation avec “la Ferrero”, qui ne tarde pas à épouser l'acteur français Jean Sorel avant d'abandonner également le métier.

Les grandes familles …

A l'aise dans la provocation, Vittorio Gassman anime dix épisodes d'une émission de télévision qui lui vaudra le surnom définitif de “Mattatore” (M'as-tu-vu). Sans d'autre rapport qu'un même titre, «Il mattatore» de Dino Risi (1959) marque la naissance d'une collaboration qui s'avèrera fructueuse. De la quinzaine de fruits qu'elle donnera, il nous faut dire plusieurs mots :

  • «La marcia su Roma» (1962) : Dans la droite ligne de «La grande guerre», cette oeuvre plonge notre homme aux premiers jours d'un fascisme triomphant. Le personnage cinématographique de Gassman, fanfaron au courage d'autruche, s'installe aux antipodes de ceux qu'il incarne sur les planches.
  • «Il sorpasso (Le fanfaron)» (1962) : Nous y sommes ... L'Alfa-Romeo de Bruno ressemble à s'y méprendre à celles que casse régulièrement l'acteur sur les routes italiennes. Heureusement, dans la vie, Roberto/Trintignant n'est pas à la place du mort.
  • «I mostri (Les monstres)» (1963) : Comme il le fit au théâtre avec «I tromboni» (1957), Gassman figure plusieurs personnages dans une douzaine de sketchs assez courts, caricatures féroces qui se renouvelleront dans une suite tout aussi réussie, «I nuovo mostri (Les nouveaux monstres)» (1977).
  • «Profumo di donna (Parfum de femme)» (1974)  : Faut-il encore parler de comédie à propos de l'errance de cet aveugle en quête de son ami et qui, par son cynisme, écrase tous ceux qui lui viennent en aide ? En tout cas, l'acteur a eu du nez en acceptant ce rôle qu'il décrit comme sa "meilleure expérience cinématographique". Le jury de Cannes lui accorde le Prix du meilleur interprète masculin.

Avec «Anima persa (Ames perdues)» (1976) et «Caro papa (Cher papa)» (1979), Risi et Gassman tournent le dos aux comédies qui ne se contentèrent jamais d'être simplement amusantes. Ils s'autorisent enfin le drame à caméra découverte.

Mais la "sève" Gassman se répand dans d'autres branches de la comédie italienne, à la cime desquelles éclatent Mario Monicelli et Ettore Scola, véritables noeuds d'un arbre encore dans sa majestueuse verdeur.

Le premier transforma le tragédien en bouffon, lui permettant d'accéder à la popularité au sens propre du terme : la (re)connaissance du (petit) peuple. Avec «L'armata Brancaleone» (1966) et «Brancaleone alle crociate» (1970), la transformation débouche sur un Don Quichotte dont les aventures tiennent davantage de la farce que de la douce folie.

Le second, co-scénariste du «Fanfaron» et qui l'a déjà dirigé dans «Se permettete parliamo di donne (Parlons femmes)» (1964) ou «L'arcidiavolo (Belfagor le magnifique)» (1966), lui fait reprendre le chemin nostalgique de sa propre existence dans ce très beau film qui sonne déjà les dernières années d'un genre abattu par la victoire des travers qu'il a dénoncés : «C'eravamo tanto amati (Nous nous sommes tant aimés)» (1974).

Enfin, les trois réalisateurs se partagent les sketches des «Nuovi mostri» (1977) comme les restes d'une époque à l'aube du Nouveau Monde avec lequel il va bien falloir vivre …

Un grand avenir derrière lui …

Vittorio Gassman n'abandonna jamais l'expression théâtrale. A l'amorce des années '60, il conçut et mit en route une forme de théâtre mobile aux objectifs proches de ceux du TNP de Jean Vilar. Pendant 3 années, le Théâtre Populaire Italien présenta dans toutes les grandes villes de la péninsule le répertoire de son égocentrique créateur, avant de s'éteindre sous des difficultés à la mesure d'une ambition tout aussi généreuse que démesurée.

Adepte de l'improvisation et de l'interpellation du public, il se produit pendant une semaine dans un spectacle intitulé «Sept jours de vente aux enchères», liquidant ses artifices de comédien, dormant dans une roulotte à proximité de la scène et se rendant disponible à toute heure du jour et et de la nuit pour le moindre spectateur de passage.

Ses apparitions au cinéma ne s'arrêtèrent pas avec la fin de l'âge d'or. L'ami italien Ettore Scola dans «La terrazza (La terrasse)» 1980) et «La famiglia (La famille)» (1987), le Français Alain Resnais avec «La vie est un roman» (1982), le Belge André Delvaux avec «Benvenuta» (1983) lui offrent de nouvelles occasions de prouver l'universalité de son jeu. Et, tels les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas, les protagonistes survivants du «Pigeon» se retrouvèrent vingt ans après pour tenter d'aller jusqu'au bout de leurs rêves.

«L'acteur est un menteur», répétait-t-il constamment. Au mensonge, il ajoutait le cynisme et la provocation, ce qui lui valut de multiples mésaventures et de longues inimitiés. Le billet qu'il fit passer à la jeune Romy Schneider, aperçue dans une boîte de nuit alors que lui-même ne représentait pas grand chose dans le monde cinématographique, en dit long sur son arrogance du moment …

Dans le milieu des années '90, il récite pendant 2 minutes un texte chaque soir plus banal, comme les pages jaunes du téléphone, le résultat d'un contrôle sanguin ou les inscriptions figurant sur un billet de transport en commun, faisant preuve d'un talent oratoire digne de nos grands hommes politiques et lui assurant tout autant d'électeurs enthousiastes.

Il finit par ouvrir, à Florence, une école de théâtre où il enseignera la conception qu'il se fait de son art jusqu'à la fin de sa vie.

La petite famille …

S'il ne vit grandir ses filles Paola et Vittoria qu'en pointillés, au rythme des pauses de sa vie d'acteur, Vittorio Gassman partagea plus longuement l'enfance et l'adolescence de son Alessandro bien-aimé, né le 26-2-1965 de sa liaison avec l'actrice française Juliette MaynielJuliette Mayniel. Cet enfant là, il voulut le voir s'ouvrir au prolongement de sa propre existence, comme il advient communément aux pères tardifs. Alessandro n'a que neuf ans lorsque son géniteur entame la réalisation d'un documentaire sur leurs relations. «De padre in figlio» sera distribué en 1982.

C'est alors que le destin lui mit entre les bras l'épouse libérée de son ami Luciano Salce, la délicieuse Delitta d'Andrea. Cet ultime amour lui fit signer un nouveau bail inespéré avec l'avenir en la naissance du petit Jacopo (26-6-1980) qu'il eut le bonheur d'accompagner jusque dans sa vingtième année. Sans doute puisa-t-il dans cette dernière paternité le courage de se retourner pour écrire «Un grand avenir derrière moi», son autobiographie publiée en 1981.

Vittorio Gassman est mort le 29 juin 2000, dans sa 78eme année. Il venait de se caricaturer dans ce qui demeure son 120eme et dernier film, «La bomba», aux côtés de … Shelley Winters !

Documents

Sources : «Un grand avenir derrière moi», autobiographie de Vittorio Gassman, «Vittoria Gassman» par Bernard Degioanni (éditions PAC), documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Vittorio Gassman : "L'acteur est un hypocrite sincère"

© Christian Grenier, décembre 2008
De l'acteur et du metteur en scène …

Au théâtre, le metteur en scène a un rôle intermédiaire entre deux éléments indispensables que sont le texte et l'interprète. On peut donc dire que le théâtre est l'opposé du cinéma.

Au théâtre, le créateur est une équipe composée de deux personnes ; la première, fondamentale, est l'auteur; la seconde l'acteur.

Entre elles, le metteur en scène exerce une fonction d'harmonisation, d'orchestration, importante certes, mais en aucun cas essentielle. Il a un rôle artistique, en aucun cas créatif.

Vittorio Gassman

A propos de "Hamlet" (1952) …

… Mon monologue fut parfait, au point qu'on oublia de m'applaudir pendant que je le disais. Le public comprit qu'il se trouvait-là devant quelque chose d'autenthique et de fort. C'est à ce moment-là que j'eus conscience du pouvoir involontaire que j'avais d'intimider mon prochain.

Puis, dans les autres scènes, dans mes autres rapports avec le héros, les applaudissements se déchaînèrent et mon assurance aussi, et mon brio …

Vittorio Gassman, "Un grand avenir derrière moi" (1981)

Le billet à Romy Schneider

Chère mademoiselle Schneider

Je profite de cette occasion pour vous dire, avec tout le respect qui vous est dû, que vous me cassez les couilles depuis des années.

Je vous prie de ne pas prendre ces quelques lignes pour des avances car, bien que vous trouvant objectivement fascinante, je ne suis nullement séduit par l'idée de coucher avec vous.

Cordialement, Vittorio Gassman

Vittorio Gassman, "Un grand avenir derrière moi" (1981)

(Ed.6.3.4 : 8-10-2014)