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Tableau N° 1 : Ces jeunes talents fauchés par la mort

Bella DARVI (1928 / 1971)

biographie filmographie … une filleule de Darryl Zanuck

Bella Darvi fut-elle devenue une actrice de premier plan si sa vie n'avait pas connu la triste fin que l'on sait?

Sans vouloir peiner ceux de ses proches qui nous liraient, il est permis d'en douter. Mais là n'est pas la question, et reprenons les choses dans un ordre plus conventionnel.

Bayla Wegier, car tel était son véritable patronyme, est née à Sosnoviec, Pologne, le 23-10-1928. Un an plus tard, la famille s'installait à Paris.

Aux premières heures de l'Occupation, ses parents partent pour la “Zone Libre”, laissant leur fille poursuivre ses études dans la capitale française. Lorsque celle-ci décide de les rejoindre, elle est munie de faux papiers. Contrôlée, elle est placée dans un couvent-pénitencier toulousain pendant quelque temps, avant d'être relâchée.

La guerre est terminée depuis quelques années lorsque la jeune fille travaille comme mannequin pour le couturier Jacques Fath. Fréquentant le “grand monde”, elle épouse, en octobre 1950, un riche industriel, Alban Cavalade, qui lui offre une vie facile dans le monde de la “jet set”.

En vacances sur la Riviera, Bayla rencontre le célèbre producteur américain Darryl Zanuck et son épouse Virginia. Des liens se nouent, qui se concrétisent par un engagement cinématographique. Ainsi, en 1954 (deux ans après son divorce), une nouvelle actrice apparaît sur les écrans américains - et plus précisément dans le film de Samuel Fuller, «Hell and High Water» - : Bella Darvi. Le pseudonyme, cela ne vous aura pas échappé, doit beaucoup à l'identité des bienfaiteurs de la jeune femme, le couple Darryl et Virginia. Des rumeurs désagréables courent longtemps (et encore) sur cette amitié …

Bella au cinéma …

Pour son deuxième film, la belle Bella a des concurrentes sérieuses et expérimentées, Jean Simmons et Gene Tierney, face à des partenaires imposants, Edmund Purdom et Victor Mature. Le film, «The Egyptian» (1955), est réalisé par Michael Curtiz.

C'est avec un bagage de trois films hollywoodiens que la jeune femme entame sa carrière française dans les bras d'un Eddie Constantine encore moins sentimental que d'habitude («Je suis un sentimental», de John Berry, en 1955). Quelques oeuvres plus ou moins policières - «Je reviendrai à Kandara» (1956), «Rafles sur la ville» (1957) et «Le Gorille vous salue bien» (1958) - laissent augurer d'une carrière intéressante.

Hélas, les espérances qu'elle a fait naître s'engloutissent bientôt dans des productions italiennes relevant davantage des petits ruisseaux que des grandes rivières ("Pia de'Tolomei" en 1958, etc). Par ailleurs, le souvenir d'une vie plus facile, et l'attrait pour le jeu acquis lors de sa jeunesse insouciante, auront raison de ses économies et de son équilibre.

Installée à Monte Carlo, Bella Darvi dilapide ce qui lui reste de fortune et compromet une carrière si mal assurée par une première tentative de suicide (1962), renouvelée sans plus de succès en 1966, et encore en 1968.

Ses réapparition tardives dans la gaudriole hexagonale («Le bourgeois gentil mec», 1969) et les polissoneries estivales («Les petites filles modèles», 1971), ne seront que "fausses rentrées". Mais sa quatrième tentative de suicide, le 11-9-1971, constituera sa sortie définitive et, malheureusement, cette fois “réussie”.

© Christian Grenier, janvier 2005
(Ed.6.3.2 : 21-4-2014)