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Paulette DUBOST (1910 / 2011)

Paulette Dubost

Bécassine, c'est elle !

Assurément, ce rôle de paysane simple mais pleine de bon sens lui va comme un gant.

Sa frâicheur et son dynamisme lui valent ces personnages de soubrettes et de cantinières danss lesquels elle amusera suffisamment de spectateurs pour se faire un nom et tenir, un certain temps, les premiers rôles.

Mais, plus que la guerre, il y eu la vie et ses caprices qui éloignèrent momentanément notre vedette des chemins des studios, ce dont elle eut, une fois consumés les feux de la passion, du mal à se remettre.

Mais elle reste au coeur de ceux qui l'ont applaudie et aimée, plus qu'une actrice favorite, une amie que l'on a l'impression d'avoir toujours côtoyée.

Alors, saluons la longévité de Paulette qui, en cette année 2007, figure encore au générique d'un court-métrage cinématographique !

S32 - Paulette Dubost, "c'est ma cousine …" (refrain connu)

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Paulette la Cantinière …

Née Paulette Marie Emma Deplanque, le 8 octobre 1910 à Paris, elle est le onzième enfant d'un ingénieur de la Compagnie du Gaz et de Suzanne Dubost, chanteuse à l'Opéra-Comique.

Sous l'influence de cette dernière, l'enfant s'adonne très tôt à la danse et, dès l'âge de 8 ans, devient petit rat à l'Opéra de Paris, côtoyant notamment Odette Joyeux. Elle eut même l'occasion, déclara-t-elle un jour, de suivre des cours données par la célèbre ballerine d'origine russe Anna Pavlova.

Adolescente, elle se fait remarquer (localement, mais on est à Paris) en remportant un concours … d'art culinaire organisé par une firme de réchaud à gaz !

Plus sérieusement, sa carrière artistique débute en 1927, année au cours de laquelle la jeune fille entre au Conservatoire de Paris, en section chant et comédie. En 1929, elle abandonne la danse pour l'opérérette. Engagée aux Bouffes Parisiens, elle débute dans «L'aventure du roi Pausole».

Certaines filmographies font débuter la carrière de Paulette par une participation au film de Jean Renoir, «Nana» (1926). Mais l'historien du cinéma Yvan Foucart, après avoir questionné l'interessée, est en mesure de réfuter cette affirmation.

Considérons donc, de manière définitive, que Paulette Dubost débuta au cinéma en 1931 dans «Un coup de téléphone», petite production oubliée de Georges Lacombe. Ses premières apparitions, souvent en uniformes dans des petites comédies consommables sur place, ne nous laissent pas un grand souvenir: «Le champion du régiment», «L'enfant de ma soeur» … Dès 1933, son nom apparaît dans les premières lignes des génériques: «Le fakir du grand hôtel», «L'auberge du petit dragon» …

En 1936, Paulette Dubost décide de ne pas donner suite à une proposition alléchante de la Fox. Amoureuse d'un colon français du Maroc, André Ostertag, elle se marie à Antibes le 15 décembre de la même année et s'installe en Afrique avec son époux.

Paulette Bécassine …

Le soleil marocain illumine les coeurs, mais l'appel des sunlights échauffe les esprits les plus raisonnables. Surtout quand ils sont braqués par Marcel Carné qui tourne «Hôtel du Nord» ou lorsque Fernandel chante «Barnabé».

En 1939, Paulette interprète le rôle qui semblait enfin fait pour elle, «Bécassine», dans le film homonyme réalisé par Pierre Caron. On pouvait s'attendre à une longue série, mais le succès n'est pas au rendez-vous. Mieux reçu fut l'oeuvre suivante, «La règle du jeu», oeuvre mémorable de Jean Renoir, dans lequel elle interprète - inévitablement - une camériste délurée.

Pendant la Guerre, Paulette Dubost se partage entre le Maroc, où elle donne naissance à une petite fille, Christiane (1942), et les plateaux de la métropole. Dans sa prestation la plus intéressante de ces années là, «Adrien» - 1943, içi avec Roger Duchesne - , elle donne à nouveau la réplique à Fernandel, également réalisateur du film.

La Guerre terminée, les comédies de consommation courante reprennent le dessus, lui permettant de rencontrer Bourvil («Blanc comme neige», 1947, «Le roi Pandore», 1949), ou encore Rellys («Le 84 prend des vacances»).

En 1950, son divorce prononcé, la Parisienne rentre au bercail. En fait, elle était rentrée bien avant …

Paulette grand-mère …

Les années cinquante seront sans doute les plus intéressantes pour l'actrice qui mûrit peu à peu, s'éloignant des rôles simplement comiques pour interpréter des personnages plus nuancés. Elle fréquente, Dieu lui pardonne, «La maison Tellier», y faisant la connaissance de Jean Gabin (1951, sketch du film «Le plaisir» de Max Ophuls). Ils se retrouveront à trois reprises («Maigret tend un piège», «Maigret voit rouge», «L'âge ingrat»).

Elle joue une énième servante pour le même Max Ophuls, en 1955, dans «Lola Montes» et donne à Bourvil l'enfant Alain Delon dans le film de Michel Boisrond, «Le chemin des écoliers».

Enormément présente sur les écrans des sixties(«Viva Maria» de Louis Malle, etc), à l'âge d'interpréter les personnages de mère, elle se fait remarquer à la télévision, notamment comme génétrice de la fameuse «Janique aimée». Pour le petit écran, signalons également sa prestation dans «Splendeurs et misères des courtisanes» (Marcel Bluwal, 1976).

Le théâtre de boulevard lui permet également d'amuser le public («Interdit au public», «Bichon» avec Darry Cowl, …) sans pour autant la séduire: "Faire tous les soirs la même chose, c'est d'un ennui …".

La cantinière a bien grandi, qui interprète à la ville comme sur la toile, les grand-mères épanouies: «Tendre poulet» et «On a volé la cuisse de Jupiter», tandis que Christiane, désormais décoratrice, donne naissance à une petite Aurélia.

En 1989, on peut à nouveau l'apprécier dans une oeuvre de Louis Malle, «Milou en mai». Infatigable, Paulette Dubost est l'une, avec Danielle Darrieux, Sophie Desmarets, Odette Laure, Jackie Sardou, Marthe Villalonga et Catherine Rouvel, des sept «Mamies" de Yannick Lanoë parties à la recherche d'un petit-fils fugueur (1992). En 2005, âgée de 94 ans, elle est encore au générique d'un film de Jérôme Bonnell, «Les yeux clairs».

Et pourtant, «C'est court, la vie», clame-t-elle dans son autobiographie. Celle de Paulette s'est arrêtée ce 21 septembre 2011. Merci pout tout.

Documents
    Sources :
  • Le site d'Alan O'Dinam consacré à Paulette Dubost (cliquez sur l'image)
  • Filmographie: Archives personnelles.
  • Biographie: Ciné Revue «Les immortels du cinéma», diverses revues et encyclopédies.
  • Documents personnels, quelques images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Paulette Dubost  : "Dans ce métier, on peut avoir une nature et des facilités pour jouer la comédie, mais sans bons sujets, on se casse la figure !" (extrait de son livre de souvenirs, "C'est court la vie")

© Christian Grenier, avril 2005
(Ed.6.3.1 : 22-6-2013)