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Gérard BARRAY (1931)

Site officiel: gerardbarray.fr

Gé Barray

Gérard Barray, comme son lointain “cousin” de la Gascogne voisine, D'Artagnan, a quitté sa ville natale de Montauban pour “monter” dans la capitale.

Bon musicien, pianiste de talent, c'est dans la chanson qu'il fait ses premières armes. Il devait en changer rapidement pour prendre l'épée et nous divertir dans toute une série de films d'aventures, genre aujourd'hui réservé au petit écran. Parallèlement à ce transfert, ses apparitions sur les toiles blanches se sont faites rares ces dernières années.

Mais on put le remarquer récemment dans l'étrange film de Alejandro Amenabar, «Abre los Ojos».

Donatienne, voulant rendre hommage à cet acteur bondissant et joyeux, nous retrace la carrière de celui qui demeure le plus célèbre bretteur du cinéma français … après Jean Marais !

S38 - Gérard Barray, de capes et d'épées …

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Les débuts …

Gérard Barray, de son vrai nom Gérard Marcel Louis Baraillé, est né le 2 novembre 1931 à Toulouse.

Il ne se destinait pas forcément à une carrière dans le monde du spectacle puisqu'il a tout d'abord entamé des études de médecine. Mais le monde artistique l'attirait sans nul doute ! Recommandé au comédien Noël RoquevertNoël Roquevert, il s'installe à Paris et s'inscrit au Cours Simon. Il obtiendra d'ailleurs le Prix du jury qui lui sera remis par Marcel Achard, en 1955.

Parallèlement, il se produit dans les cabarets de la capitale, dans des orchestres de jazz : il est alors pianiste, composant aussi des musiques de chansons. Il accompagne Serge Rousseau, époux de la comédienne Marie DuboisMarie Dubois, et qui deviendra lui aussi acteur.

Comment passer du cabaret au cinéma? Tout simplement par le théâtre …

Un concours de circonstance fait qu'il remplace un jour son camarade Jean‑Pierre CasselJean-Pierre Cassel dans la pièce «Les Enfants d'Édouard» avec Denise GreyDenise Grey, jouée au Théâtre des Variétés. A une autre occasion, il remplace Pierre VaneckPierre Vaneck dans «L'éventail de Lady Windermere» au Théâtre Hébertot.

En 1960, alors qu'il s'interroge sur son avenir d'acteur, la grande comédienne Edwige Feuillère lui propose de reprendre à ses côtés, au théâtre Sarah Bernhardt, le rôle de Jean Marais dans «L'aigle à deux têtes» de Jean Cocteau.

Mais, déjà, le cinéma s'était intéressé à lui …

La carrière cinématographique …
  • En 1955, il apparaît dans deux films en 1955 : «Chantage» de Guy Lefranc avec Magali Noël, Raymond Pellegrin, Noël Roquevert et Georges Chamarat où il joue le rôle d'un gigolo, «Série noire» de Pierre Foucaud où il décroche un petit rôle.
  • En 1957, il fait une figuration dans «Les collégiennes» d'André Hunebelle. Gérard Barray ne figure pas dans la distribution officielle de ce film. L'acteur lui-même nous a déclaré ne pas se souvenir y avoir participé, sans toutefois pouvoir contredire les biographes qui affirment le contraire. Il fait bien, car ils ont raison !
  • En 1960, il joue «L'eau à la bouche», un film de Jacques Doniol-Valcroze, avec Michel Galabru, Françoise Brion, Bernadette Laffont, Alexandra Stewart et Paul Guers comme partenaires. Un rôle tout en flanelle dira la presse à l'époque…
  • Mais c'est en 1961 , avec le personnage de D'Artagnan que ce talentueux comédien décroche son premier grand rôle au cinéma dans «Les trois mousquetaires».
    Jeune premier plein de panache, il incarne à merveille le mousquetaire gascon dans la grande tradition des romans de cape et d'épée.
    Il faut dire que la distribution à ses côtés est impressionnante : Georges Descrières, Mylène Demongeot, Jacques Toja, Guy Delorme, Daniel Sorano, Jean Carmet, Françoise Christophe, etc.
    Les deux volets, «Les ferrets de la Reine» et «La vengeance de Milady» sont signés Bernard Borderie. Avec comme décor, les beaux châteaux et abbaye de Bourgogne!

La même année, il enchaîne deux autres films:

  • «Les frères Corses», (mis en scène par Anton Giulio Majano) où il y joue le rôle de Giovanni Sagona, un Corse sombre et fier, qui se laissera emporter par les rites de la Vendetta . A ses côtés, Valérie Lagrange, toute jeune actrice, et Jean Servais.
  • «Le capitaine Fracasse», d'après le roman de Théophile Gautier (dirigé par Pierre Gaspard-Huit) lui permet, en devenant pour l'occasion le Duc de Vallembreuse, de retrouver le genre Cape et Épée qui lui va bien et que le public plébiscite! Et quelle distribution ! A côté de Gérard Barray (qui n'a pas le premier rôle …il le laisse à Jean Marais !), nous retrouvons Philippe Noiret, Jacques Toja, Geneviève Grad, Louis de Funès, Maurice Teynac, Sacha Pitoëff, Jean Rochefort, …
  • L'habit de vaillant chevalier ne le quitte plus puisqu'en 1962, il devient le fougueux Pardaillan sous la houlette de Bernard Borderie. «Le chevalier de Pardaillan» lui permet de briller sur les écrans avec des partenaires commes Guy Delorme, Philippe Lemaire, Jean Topart, Gianna Maria Canale, Michelle Grellier et le fantaisiste Claude Véga.

Nous sommes en 1963 et Gérard Barray tourne encore 2 films :

  • «Sheherazade» de Pierre-Gaspard-Huit, avec Anna Karina, Antonio Vilar, Gil Vidal, Giuliano Gemma, Marilù Tolo. Il y incarne un preux chevalier croisé, Renaud de Villecroix. Aventures, Amours, Exotisme et Charme des mille et une nuits …
  • Puis, dans la même année, le voici «Scaramouche», alias Robert Lafleur. A nouveau des duels, des romances et du panache. Ses partenaires sont Michèle Girardon, Giana Maria Canale pour la deuxième fois et Yvette Lebon.
  • En 1964, il retrouve Pardaillan pour le deuxième volet : «Hardi Pardaillan», toujours sous la direction de Bernard Borderie.  En toile de fond, les paysages clairs et lumineux des bords de Loire angevins.
  • Il quitte les costumes, les capes et les épées pour revenir à un style plus contemporain avec «Gibraltar» en 1964, («Alerte à Gibraltar», pour certains et «The Spy» pour les Anglo-Saxons), où il incarne Frank Jackson. Ce film, signé par Gaspard-Huit, était un bon film d'aventures, avec rebondissement et action ; il reste introuvable maintenant. Ses partenaires : Elisa Montes, Hildegarde Kneff, Geneviève Grad et Bernard Dhéran.
  • En 1965, il tourne «Les mercenaires du Rio Grande» ( en deux volets : «La pyramide des Sonnengottes» et «L'ombre des Aztèques») avec Lex Baker, la regrettée Michèle Girardon, Teresa Lorca (qui deviendra son épouse), sous la direction de Robert Siodmak. Il y campe le Comte Alfonso di Rodriganda y Sevilla, un personnage inquiétant.
  • Cette même année, le voici à l'affiche d'un second film, «Baraka sur X13», sous la direction de Maurice Cloche, avec Sylvia Koscina, Yvette Lebon entre autres. Dans ce film il est Serge Vadile.
  • 1966. Changement de registre : il devient le sémillant Commissaire San Antonio sous la houlette de Guy Lefranc, aux côtés Jean Richard dans le rôle de Bérurier et Paul Préboist dans celui de Pineau. Dans la distribution figurent aussi Philippe Clay, Patricia Viterbo, Nicole Maurey. Ce premier épisode s'intitule «Sale temps pour les mouches».
  • Il enchaîne avec le personnage de Surcouf ! Une histoire en deux volets, «Le tigre des 7 mers» et «Le retour de Surcouf : tonnerre sur l'Océan Indien». Casting également riche d' Antonella Lualdi, Terence Morgan, Geneviève : Casile, Armand Mestral, Gianni Esposito (dans le rôle de Napoléon) et Anne Vernon. A l'époque, un réalisateur américain ne pouvait pas réaliser un film en Italie. Ainsi, ces films, effectivement réalisés par Roy Rowland, portent la signature de Sergio Bergonzelli. Notons également que les deux films ont été tournés en même temps, et non l'un après l'autre. "Les deux films, qui devaient être tournés en 3 mois ont nécessité 6 mois de tournage. Le producteur espagnol (le film a été tourné à Barcelone), habitué à tourner des westerns-spaghetti, n´avait pas tenu compte du fait que des voiliers se manœuvraient beaucoup plus difficilement que des chevaux !" (G. Barray).
  • 1967 sera pour lui l'année de «Flammes sur l'Adriatique», un film de guerre qui se passe du côté de la Yougoslavie …où il campe un officier mécanicien de marine. A ses côtés, Claudine Auger. Le film est signé Alexandre Astruc.
  • Ce sera aussi l'année de «Tendres requins», cette fois-ci aux côtés d'Anna Karina, un film de Michel Deville, pour le personnage de Grégory.
  • 1968. A nouveau San Antonio … «Béru et ces dames» est le second volet inspiré par le héros de Frédéric Dard, à nouveau sous la direction de Guy Lefranc. On retrouve le truculent trio Barray/Richard/Préboist, auquel viennent se joindre Anna Gaël, Marcel Bozzuffi, Marthe Mercadier, Roger Carel, Pierre Tornade, Michel Creton, Maria Mauban, Armontel …
  • 1969. Il tourne avec la jolie Claude Jade dans «Le Témoin»,sous la direction d'Anne Walter. Il y incarne le personnage de Van Britten, un séduisant et mystérieux conservateur de musée. Ses autres partenaires du film, Jean Claude-Dauphin, Claude Vernier, Bernard Frémaux, Jeanne Pérez. Gérard Barray est également co-producteur.
  • 1970. C'est l'année où Claude Berri tourne «Le cinéma de papa». L'acteur figure au générique pour sa participation dans le rôle de Richard, un acteur super star et plutôt capricieux !
  • 1970 encore pour «Le triangle» de José Maria Forqué, avec Sergio Doré.
  • 1970 enfin pour «Week-end pour Héléna», de Julio Diamante avec Helga Berlin et Valérie Lagrange, avec à nouveau une participation à la production.
  • En 1972, autre tournage ! C'est «Meurtres au soleil», avec Karl Malden sous la direction de Antonio Isasi Isasmendi, auquel il apporte sa contribution financière.
  • 1977. Cette année là, il joue le rôle d'un pharmacien dans «Pourquoi?», un film d'Anouk Bernard, dont il ne veut pas se souvenir !
  • En 1982, il participe à la distribution d' «Othello black commando» (une version contemporaine du drame de Shakespeare) de Max Boulois qui tient également le premier rôle, avec Tony Curtis. Gérard Barray y incarne un responsable de la croix rouge, Ludovic Stafford.

Sur le plan cinématographique, Gérard Barray traverse alors une longue période d'absence. On le retrouve plus tard pour des participations remarquées :

  • En 1997 dans «Ouvre les yeux» d'Alejandro Amenabar. Il est alors Devernois, un personnage de la télévision. Sa partenaire est Pénélope Cruz.
  • En 2000 dans «Sexy Beast» de Jonathan Glazer avec Ben Kingsley. Il campe un fonctionnaire d'aéroport.
  • En 2001 , dans «No te fallaré» , de Manuel Rios San Martin, où il est Leo Barthel et a comme partenaire Eva Santolaria.
  • En 2001 également «El paraiso ya no es lo que era» de Francisco Bertriu avec Neus Asensi.
  • Enfin à ce jour sa dernière prestation poir le septième art, Gérard Barray paraît aux côyés de Harvey Keitel et Saffron Burrows dans le film réalisa par le metteur en scène espagnol Geraldo Herrero, «El Misterio Galindez».

 

La carrière à la télévision française …
Les Téléfilms et Feuilletons
  • 1962 (31 mars): «La Dame aux Camélias» d'après Alexandre Dumas, scénario de Marcel Pagnol, où il incarne Armand Duval aux côtés de Yori Bertin (Marguerite Gauthier), Paulette Dubost, Hélène Vallier, Geneviève Thénier.
  • 1972: «Le manège de Port-Barcare"» où il est Bruno Fontan aux côtés de Colette Déréal.
  • Citons encore «Valérie», «Cas de divorce» avec Valérie Lagrange, un épisode de Nestor Burma avec Guy Marchand, «"Garde à vue"» avec Serge Lama.
Au Théâtre ce Soir …
  • «Madame Sans Gêne» , mise en scène de Michel Roux, aux côtés de Jacqueline Maillan et Alain Mottet. Gérard Barray est le Comte de Neiperg, amoureux audacieux de l'impératrice Marie-Louise.
  • «Je viendrai comme un voleur», mise en scène Jacques-Henri Duval
  • «La Reine Galante» d'André Castelot, mise en scène de Michel Roux.
    «Le Complice», mise en scène de Jacques Ardouin, avec Hélène Manesse.
  • «Danse sans musique» de Peter Cheney avec Corinne Marchand.
  • «A cor et à cri» avec Jean-Luc Moreau.
Activités diverses …
  • Pour la télévision espagnole : «Goya», «La virtud del asasino», «El secreto de la porcelana», «Periodistas»
  • Pour la télévision suisse-romande : «Histoires à mourir debout» de Frédéric Dard.
  • Pour la télévision polonaise : >«Quand la police sonnera»
  • Rôles dans les théâtres de France - Tournées : Festival de la Vallée de l'Orge : «Dom Juan» de Molière., Théâtre Kaléidoscope : «L'été où il a fait si froid» avec Dominique Blanchard., Théâtre Daunou : «La Complice» avec Corinne Marchand, Compagnie Dramatique d'Aquitaine : «La Tour de Nesle», Tournée des Casinos avec Jean Luc Moreau : «A cor et à cri», Théâtre de Montauban : «Le Héros de l'Amour», écrit et joué par Gérard Barray (1990).
  • Comédie musicale : «Restons françaises» avec Georgette Lemaire.
  • Direction de Théâtre : Directeur de l'atelier-théâtre à la Maison de la culture de Point-à-Pitre.
  • li>Littérature : Un récit, «Le Héros de l'Amour», préfacé par l'ami Frédéric Dard, et édité par les amis du Théâtre de Montauban (1992).
Documents

Contribution : Ce dossier a été approuvé par le comédien Gérard Barray, dont nous saluons l'extrème gentillesse et la grande modestie.

Compléments : la biographie de Gérard Barray, non abordée dans ce dossier, peut être consultée sur le site officiel du comédien, construit par l'équipe de L'Encinémathèque.

Sources : Documents personnels, Imdb, plusieurs images glanées çà et là, dans divers ouvrages ou sur la toile, au cours de nombreuses années de vagabondage, et dont je n'ai pas toujours gardé trace de l'origine.

Gérard Barray : "Seuls deux événements comptent dans la vie de l´homme : sa naissance et sa mort. Le reste n´est que du remplissage."

© Donatienne, mars 2006
(Ed.6.1.1 : 5-3-2012)